Ph.Hameau, 2006, Les animaux dans l’expression graphique du Néolithique, entre réel et idéel, in Ph.Hameau (ed.), 2006, Les animaux peints et gravés, de la forme au signe, Actes du Colloque de Nice 15-17 juillet 2005, Anthropozoologica, t.46(1), pp.103-124 
Animals and Neolithic schematic art in southern France : between the real and the ideal
Los animales en la expresión gráfica en el Neolítico, entre real y conceptual
 
Résumé

Les animaux sont peu représentés dans l'expression graphique néolithique du sud de la France. Ce sont essentiellement des cervidés, des caprinés et des serpents. Le cerf est le plus fréquent. Nous analysons ici ses différentes morphologies, ses associations avec d'autres signes, ses exemples de translation et de doublement. Ce sont les mêmes règles que celles qui organisent les représentations du personnage masculin et de l'idole. Le cerf devient ainsi la troisième des grandes catégories de figures principales de l'expression schématique. Nous évoquons aussi les particularités comportementales du cerf et notamment ses transformations annuelles. Nous supposons qu'elles sont à l'origine du choix des hommes pour ce symbole animal et qu'elles sont conçues comme similaires aux transformations sociales des hommes.
Des bouquetins, on peut surtout signaler qu'ils ne sont pas représentatifs de l'environnement ambiant et à ce titre qu'ils s'insèrent peut-être dans des récits mythiques. Le statut du serpent, est difficile à apprécier sauf à en faire, un peu classiquement, un animal chtonien.  
Nous écartons l'hypothèse d'une utilisation pastorale des sites ornés en défendant l'idée de leur insertion dans un espace sauvage et cynégétique. Nous observons plutôt une variabilité de leurs utilisation et fréquentation : usage sépulcral et périfunéraire, bivouac ponctuel unique ou  récursif, atelier de transformation des matières premières, etc. Les analyses archéozoologiques sur le site de la Bergerie des Maigres expriment la possibilité d'activités rituelles concernant les animaux, ce que nous n'avions encore jamais mis en évidence pour l'expression schématique.

Mots-clés

cerf, bouquetin, serpent, peintures schématiques, transformation, éthologie, activité rituelle, Néolithique, sud de la France

Abstract

Animals are not much represented in the neolithic schematic expression of southern France. Those mostly figurated are red deer, ibex and snakes. Deer is the most frequent. In this paper, we analyse its different morphological aspects, the associations that it forms with other signs, the cases of its translation and doubling. The rules presiding over these behaviours are the same than there organising the representations of the male figure and of the idol. In this way, deer becomes the third big category of the principal figures of schematic art. The particular features of deer's behaviour and, most of all, its transformations through the year, are also evoked here. We suppose that these features are at the origine of the choice of the deer as an animam symbol and that they are conceived as similar to the social transformations of man.
Concerning ibex, we can only say that they aure not representative of the near environment and think that they may take part in mythical relations. Concerning snakes, their status is difficult to appreciate. We can just remind, most classically, their chtonian nature.
Lastly, we do not retain the hypothesis of a pastoral use of decorated shelters as we support the idea of their belonging to a wild and hunting space. We observe cariations in their use and occupation : use for burials and burials customs, single or recurring punctual bivouac, workshop for the transformation of raw materials, etc. Archaeozoological analysis on the site of the "Bergerie des Maigres" let even know the possibility of ritual activities concerning animals, a perspective that we have never yet maintained for the schematic art.

key-words

deer, ibex, snake, schematic paintings, transformation, ethology, ritual activities, Neolithic, southern France

Resumen

En la expresión gráfica neolítica del sur de Francia los animales están poco representados. Se trata principalmente de cérvidos, de caprinos y de serpientes. El ciervo es el que se encuentra más frecuentemente. Analizaremos aquí sus diferentes morfologías, sus asociaciones con otros signos, sus ejemplos de traslación y de duplicación. Se siguen las mismas reglas que las que rigen las representaciones del personaje masculino y del ídolo. El ciervo se coloca de esa manera como la tercera gran clase entre las principales figuras de la expresión esquemática. Evocaremos también las particularidades del comportamiento del ciervo y especialmente sus transformaciones anuales. Podemos suponer que están en el origen de la elección por los hombres de este símbolo animal y que están concebidas de manera similar a las transformaciones sociales de los hombres
De las cabras montesas, solamente se puede señalar que como no son representativas del entorno natural quizá se encuentran insertados en relatos míticos. Aparte de calificarlo, de manera clásica, como un animal catoniano, es muy difícil encontrar una condición concreta para la serpiente.
Descartamos la hipótesis de una utilización pastoril de los lugares pintados y defendemos su inserción en un espacio silvestre y cinegético. Donde observamos sobre todo variaciones es en la utilización y en la frecuentación de los lugares: uso sepulcral y perifunerario, vivaque  único o por recurso, taller de transformación de materias primas, etc... En el redil “des Maigres” los análisis arqueo-zoológicos han puesto en evidencia la posibilidad de una actividad ritual que hasta ahora no se había podido evidenciar en la expresión esquemática.

Palabras claves

Ciervo, cabra montés, serpiente, pinturas esquemáticas, transformación, etología, actividad ritual, Neolítico, sur de Francia.