J.Candau et Ph.Hameau, 2004, Cicatrices murales, graffiti de prison, Le Monde Alpin et Rhodanien, 1er-2ème trim. 2004,  (11 contributions), 150p. pp.7-11  
Wall-scars, prison graffiti


Sommaire

- J.Candau et Ph.Hameau, Cicatrices murales, introduction, pp.7-12
Wall-scars : introduction
-  Ph.Hameau  - Traces et espaces à la prison de Brignoles, pp.13-28
Traces and spaces in the prison of Brignoles
-  S.Truchi - Temps passé et temps ressenti : les graffiti de l'ancienne prison de Brignoles, pp. 29-46
Past time, passage of time : graffiti in the former prison of Brignoles
-  L.Bucherie – La prison de Crest (Drôme) : graffiti religieux, graffiti politiques, pp.47-62
The prison of Crest in the Drôme department : politics and religion in the writings on the wall
- F.Carrazé – Quelques graffiti dans l'ancien Palais de Justice de Saint-Maximin (Var), pp.63-75
A little graffiti on the former Palace of justice at Saint Maximin in the Var department
- A.Montjaret – La cour des "prisonniers" : graffiti et métaphore carcérale dans un musée parisien, pp.77-88
The "prisoners yard" : graffiti and prison metaphor in a Paris museum
-  L.Boudinot et B.Romagnan – La prison de La Garde-Freinet : une maison de dépôt devient un lieu de mémoire républicain, pp.89-96
The prison of La Garde Freinet : a jail which has besome a symbol of republican remembrance
-  J.Cl.Duclos – Sur les portes des cellules de la Gestapo de Grenoble, pp.97-108
The cell doors from Gestapo HQ in Grenoble
- Ph.Rigaud – graffiti navals en prison : une thématique, pp.109-114
Naval graffiti in prison : a known theme
- A.Picaglio – "Graffiter" pour les autres à la maison d'arrêt Saint-Roch (Toulon), pp.115-124
Messages for the relief in the prison of Saint-Roche (Toulon)
-  M.Portigliatti Barbos – Les "palimpsestes" lombrosiens, pp.125-130
Palimpsests of Lombroso
-  J.A.Benavente, F.Burillo, A.Casanovas, J.Rovira et M.T.Thomson – Les graffiti des prisons du Bas-Aragon (Espagne) : un cas exemplaire de patrimonialisation, pp.131-144
Graffiti of prisons in Low-Aragon 
Los graffiti de las cárceles del Bajo Aragón (España) : un caso ejemplar de patrimonialización


Le graffiti est prohibé en milieu carcéral. Pourtant, il y est profus, en tous lieux et à toutes les époques, sous des formes diverses. Il s'affiche plus ou moins ostensiblement. Il "fait mémoire" et transmet quelque chose de la vie du détenu. Dix terrains sont explorés ici : des prisons désaffectées, une cellule communale, une maison d'arrêt en activité, une simple chambre ou une cour transformée en lieu de détention.
A la concision de la plupart des graffiti, on oppose souvent leur polysémie. Mais la signification de ces actes graphiques n'excède-t-elle pas toujours le caractère frustre des épigraphes ? Quelques mots ou quelques traits suffisent à exprimer l'attente et l'ennui, l'incompréhension ou le fatalisme, l'inquiétude ou la douleur. Tous traduisent une tension extrême. Peut-être certaines blessures psychologiques de leurs auteurs réussissent-elles à cicatriser quand ils les extériorisent sur les murs des cellules ?
Le graffiti, considéré comme un fragment du carnet intime et presque jamais écrit du détenu : il donne à voir ce que la société cache, la terrible réalité pénitentiaire. En s'accumulant, ces inscriptions font de l'espace carcéral le lieu de mémoire d'individus qui n'ont rien d'autre à partager que leur enfermement.