Ph.Hameau, M.Morel et S.Truchi, 2006 Les graffiti de l’ombre, des archives de Brignoles aux graffiti de sa prison, Hyères, Ed. du Lau, 255p. 
Graffiti in shade, from the archives of Brignoles to the graffiti of  its prison

Sommaire

- Introduction
- Première partie : les archives
Brignoles : l'époque moderne
Une histoire de la prison de Brignoles
De la petite et de la grande délinquance
- Deuxième partie : les expressions murales
Ce que "graffiter" veut dire
Les graffiti de la prison de Brignoles
L’univers de Ballestra
- Notes
- Bibliographie

La routine de la vie carcérale telle qu'elle est imposée par l'Administration est rompue, notamment, par la production de graffiti. Par ce mode d'expression l'individu atténue son ennui, raconte sa propre histoire et se place en opposition à l'ordre établi. Les thèmes que décline le détenu sont nombreux : des crucifix et des sentences morales impliquent la religion, des caricatures ou des slogans signalent une incarcération pour des raisons politiques, et le dessin de divers moyens de locomotion est une façon de vaincre l'immobilité forcée. Certains symboles sont récurrents : les mains, les armes blanches, les bateaux, etc. La femme représente plus l'être aimé, la beauté et la tendresse, que d'illusoires rapports sexuels. Deux thèmes envahissent vraiment les murs : le décompte du temps, parfois jusqu'à l'obsession et l'évocation de lieux aimés ou sublimés qui permet aux détenus de s'évader, mentalement, un court instant.
Les murs de la prison désaffectée de Brignoles ont fourni l’essentiel de la documentation illustrée. Les archives, également consultées, permettent d’insérer l’établissement carcéral dans le quotidien de l’agglomération entre 1840 et 1950 : un gros bourg industrieux qui gère à sa façon les bouleversements politiques et économiques de l’époque moderne. La délinquance n’y est pas plus importante qu’ailleurs et est présentée à travers le prisme des documents de justice et de la presse locale. Ces mille et uns renseignements nous permettent de mieux aborder la singulière cellule n°20 où un paysan de Grimaud (Var) relate sa vie en des scènes colorées et expressives : les travaux à la ferme, les battues au sanglier, les rixes dans les bars italiens, le jour de la conscription, le passage du cirque et la venue des héros cyclistes du moment, les frères Henri, Francis et Charles Pélissier.